Cartier Women's Initiative Awards : Lauréate 2012

26 novembre 2012 Maïté Neumeister

A l’occasion du Women’s Forum  qui a eu lieu du 10 au 12 octobre dernier, l’équipe Femmes Entrepreneurs a été invitée à rencontrer Cécile Réal et Michèle Boisdron-Celle, les 2 finalistes françaises pour l’Europe du Cartier Women’s Initiative Awards, prix international créé en 2006 par Cartier, le Women’s Forum, McKinsey and Company et l’INSEAD Business school et dont l’objectif est d’encourager les femmes entrepreneurs portant des projets “innovants avec un impact social”.

Lauréate France : Cécile Réal pour Endodiag

Endoliag a été créé en janvier 2011. L’entreprise compte 4 membres fondateurs : 1 chirurgien, 1 scientifique chercheur a l’INSERM, un business développeur et Cécile Réal. Ils ont levé 200 000 € de subventions en juin 2011 puis ont réussi une levée de fonds de 750 000 € en avril 2012.

Ingenieur bio médical de formation, elle commence sa carrière dans le groupe COGEMA (ancien nom d’AREVA). Elle est alors impliquée dans la fabrication de valves cardiaques. La branche dans laquelle elle travaille est alors mise en vente. Elle créé son entreprise pour pouvoir “s’acheter elle-même”, en 1999. Elle revend en 2007 et décide de faire un break.

En recherche de projets, elle s’aperçoit que 10% des femmes dans le monde souffre d’endométriose, maladie souvent peu ou mal détectée, et source de 30 à 40% des infertilités. On l’appelle aussi parfois le cancer bénin.

Il n’y a pas de solution définitive. Il s’agit pour l’instant de mieux connaitre et traiter la maladie.
Car c’est une maladie dont on parle peu (maladie de femmes, la douleur “mystérieuse” du ventre, considérée comme normale, et autres facteurs,….)

Au fur et à mesure de leurs recherches, l’équipe s’aperçoit qu’il n’y a pas de méthodologie de dépistage, parfois même pas de possibilité d’analyse des prélèvements effectués.

Ils ont donc travaillé sur l’homogénéité de la recherche, l’amélioration du diagnostic, les facilités d’analyses et de classements. Ils ont pu ainsi mettre au point un diagnostic par test sanguin, diminuer les coûts du dépistage et du suivi. En 2013, la commercialisation sera effective. Si on veut défendre un aspect économique de l’utilité de la détection et du suivi, 10,8 heures en moyenne par semaine sont perdues en productivité aux États-Unis, ce qui “coûte” alors 22 milliards de dollars par an. Rien que dans ce pays.

 

Candidate France : Michèle Boisdron-Celle pour ODPM (Onco Drug Personalized Medicine)

ODPM a été créée en août 2010, par une équipe essentiellement féminine. Basée à Angers, montée avec 200 000 Euros, et une levée de fonds de 260 000 Euros. Une prochaine levée est prévue en 2013.

Pharmacien biologiste de formation, depuis 1994, elle a vu les effets de la toxicité des anti-cancéreux. Les médicaments sont considérés comme des corps étrangers pour notre corps. Dans les traitements contre le cancer aussi. On arrive au paradoxe suivant, les molécules utilisées soignent mais aussi tuent. La variabilité de l’action du médicament est génétique et environnementale.

Après des années de recherches, ODPM a pu mettre en place un protocole par simple prise de sang avant et pendant le traitement pour doser les molécules pour plus d’efficacité et moins de toxicité.

Comment ? En développant des algorithmes en fonction des différents paramètres suggérer la dose. Cette technique a été utilisée depuis 2000. Le temps et le spectre de patients – 15 000 patients étudiés, 80 000 cures, 14 000 patients suivis avec le test. – permet un recul et une analyse de poids. Ils ont pu constaté une chute de la toxicité du traitement, qui permet aux patients de mieux vivre, avec une dose qui correspond à chacun, et non agencée sur le poids et la taille.

Le brevet est déposé et le kit de dépistage est vendu aux hôpitaux, avec l’accès internet aux calculateurs pour un coût de 150 euros par personne. Le but premier de l’entreprise est de rendre accessible les analyses pour améliorer la vie et le confort du patient.

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